Pourquoi le catch ?

Publié: 30/04/2009 dans Les gladiateurs sont dans la reine : catch
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"Monsieur Barthes, j'en ai encore un qui voudrait savoir quel est l'intérêt du catch, je vous l'envoie ?"

"Monsieur Barthes, j'en ai encore un qui voudrait savoir quel est l'intérêt du catch, je vous l'envoie ?"

Tiens, c’est vrai, j’avais un blog, moi. Salut les lecteurs ! J’espère que ça ne fait pas trop longtemps que vous m’attendez ?

La tendance des gens à classer leur entourage par catégories n’est plus à démontrer. Je ne parle pas ici des catégories de vos contacts MSN, "Amis", "Ennemis", "Travail", "Famille", "Patrie" et compagnie. Je parle des catégories qui permettent à tout un chacun de déterminer les personnes qu’il doit mépriser et celles qu’ils doit envier, l’idée étant généralement de se dire que si on a un ami plus intelligent que nous, on est par contre plus beau, ou plus fort, ou plus quoi que ce soit, que lui. Et pareil dans l’autre sens. Car si l’estime nourrit l’amitié, ce qui est peut-être bien le cas après tout, on ne me fera pas croire qu’il est possible de garder un ami que l’on trouverait en tout points supérieur à soi, sans vouloir le lui faire payer à un moment ou à un autre.

Ainsi vos amis, même les plus proches, si si, je vous jure, demandez-leur si vous ne me croyez pas, enfin ils ne vous diront pas la vérité alors ça sert à rien, vos amis, dis-je, vous placent, en fonction de vos qualités et de vos défauts, dans la catégorie "intellectuel", "sportif", "playboy", etc, et tout pareil au féminin si vous êtes une fille, je vais pas commencer à mettre des "-é-e-s" comme dans un tract du NPA. Alors bien sûr, au bout de longues années d’une amitié sans faille, on peut arriver à un peu plus de complexité dans la connaissance de l’autre, mais nous ne sommes pas à l’ère des amitiés sans faille à longues années, nous sommes à l’ère de Facebook, où les amis servent avant tout à faire du score.

Moi, on me classe souvent dans la catégorie "intellectuel". Allez savoir pourquoi. Peut-être parce que j’aime bien raconter des conneries sur Godard (qui n’est pas un intellectuel, c’est un poète, je vous ferai un article un jour, promis), Balzac (pas un intellectuel non plus, mais quel architecte !) ou ce genre. Et là, voilà-t-y pas qu’en plein dans le fil décousu de la conversation, je lance que j’aime le catch. Terreur dans le camp d’en face. Confusion. Incompréhension. Godard, Balzac, ET le catch ? Eh oui ma chère, et bien d’autres encore, si vous saviez, vous n’en dormiriez pas de la nuit. (Faudra me faire penser à vous faire un article sur Buffy contre les vampires d’ailleurs.)

Pour citer l’édito du magnifique site Les Cahiers du Catch : "Admettre publiquement qu’on se passionne pour le catch équivaut aujourd’hui à un suicide social." Comme divertissement, le catch est proscrit, soit parce qu’il est débile, soit parce qu’il est brutal, soit parce que c’est du chiqué. Ce qui me semblerait plutôt trois bonnes raisons de ne pas regarder Lost, mais bon. Comme forme d’expression… Le catch, une forme d’expression, vous plaisantez ? Mais pas du tout mon bon monsieur.

Le soi-disant intellectuel (je revendique rien moi), blasé, n’a donc plus qu’à murmurer d’une voix lasse son habituel argument : "Roland Barthes", et donner vite-fait à son interlocuteur les références du célèbre (enfin chez les fans de catch) article d’icelui, "Le monde où l’on catche", in "Mythologies", c’est au tout début, pouvez pas le louper, puis il s’en va en toussotant faire une bonne sieste. Le fardeau est ainsi déchargé sur les épaules d’un vrai intellectuel, qui n’en a plus rien à battre puisqu’il est mort, et qui peut se charger de la besogne à grand coups de références à la tragédie grecque. Je vais essayer aujourd’hui d’être moins feignant, et de m’expliquer par moi-même, quoiqu’avec moins de profondeur, certes, que l’illustre penseur du Tour de France et de la Citroën DS. Qu’on me permette une seule citation de lui, qui devrait remettre pas mal de choses à leur place : "Le catch n’est pas un sport, c’est un spectacle."

Voilà qui envie balader d’emblée la question du chiqué. Le catch est écrit à l’avance ? Oh que oui, et c’est tant mieux. Nombre de matches de foot, qui ne sont pas écrits à l’avance, se terminent par un score de zéro à zéro, avec un total de zéro actions spectaculaires de part et d’autre. Le curling, sport aussi élitiste (puisque personne ne le regarde) que le football est populaire, n’est pas écrit à l’avance. Ce sont donc des spectacles honnêtes ? D’un autre côté, Les Soprano, c’est écrit à l’avance. Citizen Kane aussi, et Le Port de l’angoisse également, même si le whisky a fait que personne ne se souvient l’avoir écrit. Hamlet ? Pfff, écrit à l’avance, en plus ils font semblant de tous crever à la fin, c’est même pas vrai. On me souffle que la plupart, si ce n’est l’intégralité, des symphonies de Beethoven étaient écrites à l’avance. Ô les méchants spectacles, qui prennent le public pour une nuée de buses.

La vérité est que, quand ce n’est pas écrit, la plupart du temps, c’est mal écrit. Les effets dramatiques les plus percutants ne se trouvent pas sous le sabot d’un footballeur, et le hasard ne fait pas toujours si bien les choses qu’on le dit. Pour certains, c’est cet aspect "chiqué" qui fait tourner la comparaison entre le free fight (type Ultimate Fighting) et le catch au désavantage de ce dernier. Le free fight, effectivement, vous montre des gens en train de s’envoyer l’un l’autre à l’hôpital, et pour longtemps, et souvent en moins de 5 minutes. Si c’est ce que vous voulez voir, alors là, en effet, le catch n’est pas pour vous. Moi c’est pas trop ma came. (On notera au passage que, du coup, le catch est d’autant moins "brutal" qu’il est "chiqué", les adversaires du catch devraient donc tenter d’être un peu plus cohérents, même dans leur mauvaise foi.)

Et bien sûr, ce sont les mêmes qui regardent Prison Break à longueur de vie, qui vont reprocher au catch d’être écrit. On voit bien que certains s’interdisent d’apprécier le catch faute d’avoir essayé de comprendre ce qu’il est, par obstination à lui reprocher de ne pas bien être ce qu’il n’est pas. "Mais ils veulent faire croire que c’est du sport", nous dit-on. Pas du tout, ils ne veulent faire croire cela à personne (d’ailleurs ça tombe bien, personne n’y croit), sauf aux petits enfants, auxquels on fait bien croire au Père Noël et à la petite souris des dents sans que cela soulève plus de polémique que ça. Et pourtant, on aimerait bien savoir ce qu’elle fiche avec toutes ces dents.

Le catch, donc, utilise la mise en scène du sport pour mettre en place une dramaturgie. Les personnes qui se produisent devant le public prétendent être quelqu’un d’autre, et utilisent leurs corps pour raconter une histoire. C’est donc une forme de théâtre au sens large, comme le cirque. Davantage que le cirque en fait, car la notion de personnage au cirque est essentielle pour les clowns, mais moins pour les trapézistes, alors que le catch ne peut tout simplement pas se concevoir sans cette notion.

L’objectif du catch est d’obtenir, avec essentiellement cet outil basique qu’est le corps humain (un peu plus mastoc que la moyenne quand même chez les catcheurs), la réaction la plus intense possible de la part du public. Un "bon" catcheur n’est pas un catcheur qui gagne, mais un catcheur qui obtient la réaction maximale du public. Si c’est un méchant, il doit se faire huer dans les grandes largeurs. Si c’est un gentil, son public doit l’acclamer, voire l’imiter. Le seul mauvais catcheur est celui qui laisse le public de marbre.

On m’objectera que très bien, que d’accord, mais ça reste des mecs qui se tapent sur la gueule, ce qui n’est pas très intéressant d’un point de vue dramaturgique. D’abord ce n’est pas tout à fait exact. Les combats sont entourés de saynètes, d’interventions des catcheurs micro en main, qui leurs donnent un contexte. Des histoires conçues ainsi peuvent se dérouler, parfois sur plusieurs mois. Mais il est exact que c’est le combat qui est au centre du catch, et c’est justement là qu’est le défi : raconter une histoire par la combinaison de tous les gestes (après tout pas en nombre infini) qui peuvent figurer un affrontement. Il s’agit ici d’en revenir à l’épure du drama. Quel est le ressort central de toute histoire ? La lutte entre deux volontés contradictoires. Montrez-moi une histoire sans adversité, je vous répondrai que haha, Totoro, vous avez cru m’avoir, mais même dans Totoro il y a la maladie de la mère, qui est en quelque sorte le méchant. Or, quelle est la forme qui permet de représenter de la façon la plus pure, la plus originelle, cette lutte ? Le combat physique. Les sceptiques peuvent aller à la bibliothèque consulter de l’épopée, du roman de chevalerie, de la saga islandaise ou même du Star Wars, il verront bien que je ne fiche pas de leur gueule.

Le catch, c’est ce qui reste quand on dépouille le récit de tout le superflu, et qu’on essaie de lui garder toute sa force dramatique à travers le seul acte du combat physique. C’est la forme de récit la plus pure que les siècles nous aient donnée. L’exploit n’est pas mince, je l’ai dit, de pouvoir figurer à peu près toutes les situations en jeu dans n’importe quelle histoire à travers une simple combinaison de gestes de deux corps. Aussi les catcheurs, dont on se moque souvent pour leurs faibles talents d’acteur micro en main (encore qu’il y en a de bons, mais pas tous, c’est vrai), sont-ils en réalité des hommes de spectacle d’une envergure tout-à-fait inconnue en-dehors de leur "sport", car il leur faut être à la fois des comédiens, des mimes, des acrobates, des culturistes, des gymnastes, voire pour certains des clowns. Beaucoup de gens passent leur vie à tenter de maîtriser une seule de ces disciplines. Un catcheur comme Shawn Michaels, par exemple, possède une telle capacité à exprimer toutes les émotions (de manière excessive bien sûr, comme il sied dans une discipline où la lisibilité maximale est recherchée), et à passer de l’une à l’autre en un clin d’oeil, qu’il aurait certainement été il y a un siècle un des plus grands acteurs du cinéma muet. Il est vrai que les catcheurs, contrairement à certains comédiens (de cinéma surtout), savent s’exprimer avec tout leur corps, tenant le visage pour une simple partie d’un ensemble.

Les règles, elles aussi fictives, de ce sport fictif, servent  également à nourrir la dramaturgie, et la plupart d’entre elles seraient tout bonnement absurdes dans un sport réel. Ainsi, dans un combat pour une ceinture de championnat, si le champion se fait disqualifier, il perd le match mais… garde son titre de champion. Il n’en faut pas davantage pour donner du sens dramatique à des gestes. Le champion reste en-dehors du ring, pendant que l’arbitre compte, sachant que quand il sera arrivé à 10 le champion sera disqualifié ? Cela suffit à signifier : "Le champion est un lâche, il a peur de perdre son titre contre le challenger, il préfère donc se faire disqualifier volontairement." A charge pour le challenger d’aller le chercher et de le ramener sur le ring. Mais un ami du champion, présent au bord du ring, détourne l’attention de l’arbitre ! Le champion en profite pour asséner un coup de chaise au challenger quand celui-ci descend du ring, alors qu’il est interdit d’utiliser des objets dans ce match ! Tout bénef pour le champion : soit l’arbitre ne l’a pas vu, et il a pris l’avantage par des moyens illégitimes, soit l’arbitre l’a vu, et il est alors disqualifié, ce qui était son objectif de toute façon puisque cela lui permet de garder son titre. Pas un mot n’a été échangé, mais un personnage de lâche perfide et opportuniste a été construit en quelques gestes, et si le champion a bien joué son rôle, la peur face à son adversaire puis la cruauté au moment du coup de chaise, le public, qui joue le jeu car il est venu pour ça, doit être debout en train de le huer à pleins poumons.

Reste que le catch, et là je suis d’accord, peut être d’un accès difficile pour le spectateur néophyte, ce qui est dommage pour une discipline où tous les éléments de l’univers fictionnel sont établis en vue d’une efficacité dramatique immédiate et maximale. Il faut apprendre à connaître les différents personnages, assimiler les règles, ça ne va pas tout seul. Avec un pote plus éclairé en la matière pour répondre aux questions, ça va mieux. Puis après tout, quand on lit Guerre et Paix, faut s’accrocher aussi. On me permettra de trouver le catch plus gratifiant que Guerre et Paix.

Guillaume Bardon

Commentaires
  1. Reune dit :

    Pour ne pas se faire griller devant un public de "gôche", il existe l’argument du" sport populaire de la Libération" et "Lino Ventura" qui peut marcher (éviter le bourreau de Béthune qui est devenu le garde du corps de Le Pen par contre).

    On peut également essayer de vendre ça enrobé d’un soupçon de l’Iliade ou de mythologie hindoue et sumérienne…

  2. Axl dit :

    Waouh, superbe article, bravo! Je l’imprime, je l’apprends par coeur, et je le recrache le jour de mon coming out (qui sera bien plus rude encore que le coming out footeux d’avant 1998…) En tout cas, les colonnes des "excellents" (je cite) Cahiers te seront toujours ouvertes comme les lèvres de Vickie au Big Show!

  3. Nunusse dit :

    Si je puis me permettre…je suis venu lire cet article en suivant un lien fourni par un catchophile (moi même étant catchophobe).
    A part dans une demie-phrase, au détour d’un paragraphe un peu flamby sur le spectacle "total" que serait le catch, je ne retrouve pas dans cet article ce qui fait de moi un être indifférent à l’esthétique du catch : je trouve que c’est outrancier (bon, il paraît que c’est dans le cahier des charges, parce que le corps tout ça…mais le mime, la jonglerie ou simplement la danse arrivent à évoquer des situations ou des émotions avec un peu plus de finesse – et beaucoup moins de moyens), et surtout incroyablement vulgosse. Selon mon échelle personnelle, est vulgaire tout spectacle où les femmes portent plus de silicone que de tissu.

    A ce titre, les seuls spectacles qui me semblent comparables au catch, et c’est dommage qu’ils ne soient pas évoqués ici, ce sont les Monster Truck Madness et autres représentations de carnage mécanique. Très efficaces aussi pour attirer la réaction du public. Faire de l’hystérie collective l’étalon-mètre de la qualité, ça éveille en moi une méfiance instinctive. Mais je suis un snob après tout.

    Barthes contre Sorel…voilà un bon feud à lancer…

    • guillaumebardon dit :

      Pas de souci, je suis un snob aussi. :)

      Je ne suis vraiment pas d’accord avec vous sur la comparaison avec les Monster Truck (même si les commentateurs de catch aiment bien parfois dire des bêtises du genre "mais ce n’est plus un combat, c’est un accident de voiture !"). Dans une baston mécanique, c’est comme dans Duel, on ne sais pas s’il y a vraiment quelqu’un dans le camion et on s’en fiche un peu. Est-ce qu’il y a du récit ? Il y en a forcément toujours un peu j’imagine, mais ça ne doit pas aller très loin. Mais surtout, c’est l’humain qui manque. Les catcheurs, tout boostés aux stéroïdes qu’ils sont, restent des humains, et mettent leurs corps en jeu pour raconter leurs histoires.

      Pour l’hystérie collective, je ne la vois pas dans le catch, c’est au contraire une représentation, là encore, d’hystérie collective. Le spectateur, qui sait pertinemment que le gagnant du match est prédéterminé, choisit de ne pas en tenir compte. Il a donc en permanence le contrôle de sa réaction. Les vrais hystériques, fussent-ils collectifs, n’ont pas ce luxe. Il faut voir le spectateur vociférant plutôt comme une partie du spectacle (et à ce titre il faut bien admettre qu’ils devraient distribuer les places gratuitement, mais bon, buzinesse is buzinesse), qui applaudit la performance des deux intervenants tout en faisant semblant d’applaudir le molestage du villain par le hero.

      Restent l’outrance et la vulgarité. Pour la vulgarité, il faut bien admettre qu’elle est présente. Je pourrais dire qu’elle est traitée comme sujet, plutôt que revendiquée comme esthétique, et faire une comparaison avec la violence chez Haneke, mais ce serait de la mauvaise foi. Et les femmes, euh, bon, oui, en effet, ont un rôle de plus en plus grotesque dans le catch contemporain (ça n’a pas toujours été le cas).

      L’outrance fait effectivement partie du cahier des charges, comme vous le soulignez. Notons que, sur la question des moyens déployés, le catch tel que je le vois n’a pas forcément besoin de tout l’attirail dont il est revêtu dans sa version américaine contemporaine dominante (en gros les productions de la World Wrestling Entertainment). Dans l’absolu il faut juste deux types, un ring et du public, et ça marche tout aussi bien. Pour l’outrance dans la gestuelle et les expressions, je ne vais pas vous ressortir tout l’argumentaire de Barthes, vous semblez l’avoir lu (et sinon, votre ami catchophile aurait mieux fait de vous orienter vers ça plutôt que vers moi, même si je suis très flatté :) ). Disons que l’idée est de proposer une forme de représentation immédiatement lisible, très codifiée, et qui passe par ces attitudes outrées pour atteindre l’universalité qu’elle vise.

      Voilà, après je vais pas vous obliger hein. :) Mais si vous aimez la pantomime, vraiment, essayez de regarder au moins un match avec Shawn Michaels, vous verrez qu’on en est pas loin.

      G.B.

      P.S. : Je ne connais pas Sorel, je vais regarder ça.

  4. une femme dit :

    c’est drole, l’argument sur les femmes, liquidé en une demi-phrase… c’est vrai ca le catch c’est quand meme chouette, et si c’est humiliant et grotesque pour la moitié de l’humanité, bof, on s’en fout un peu…

    • guillaumebardon dit :

      Hum… L’argument n’est pas liquidé, il est approuvé. Combien de phrases faut-il pour dire : "vous avez raison et je ne peux pas dire le contraire sur ce point" ? Une demie, voilà combien. Tenter de prendre la défense du catch sur ce point où il est indéfendable, avec des demi-phrases par pelletées entières, voilà où aurait été l’erreur.

      Maintenant, ça vous donne l’impression qu’"on s’en fout un peu". Il se trouve qu’on ne s’en fout pas, qu’on aimait mieux l’époque où les catcheuses étaient brillantes, charismatiques et rock’n'roll, qu’on déplore le misérable spectacle des potiches actuelles qui en effet donnent une image lamentable de la femme. Ceci étant un article de défense du catch, je n’ai pas voulu m’attarder sur ce point, mais il est évident que ce n’est pas en leur donnant des arguments valides que les instances dirigeantes du catch feront davantage aimer ce spectacle à ceux qui le méprisent.

  5. sofyane dit :

    hi i am sofiane benwark i like jeff hardy

  6. Jerk dit :

    Selon vous, le catch français décrit par Roland Barthes en 1952 dit-il la même chose que le catch français qui se pratique aujourd’hui ? Quels seraient aujourd’hui les substituts du catch ?

    • guillaumebardon dit :

      En voilà une question qu’elle est bonne. Il me semble que, si l’approche américaine (qui met davantage en avant la fiction, le côté "soap opera") a évidemment influencé depuis les années 80 la façon dont le catch se pratique partout dans le monde, la discipline, en essence, n’a pas changé. C’est toujours le combat qui est au centre du catch, en France comme ailleurs. Quand à savoir si le catch français "dit" la même chose qu’en 1952, je ne peux pas vous répondre, ce serait supposer que le catch dit toujours la même chose et parle comme un seul homme, ce que je ne crois pas.

      Que voulez-vous dire par "substituts du catch" ?

      Guillaume Bardon

  7. Léon dit :

    C’est vrai ça : que fait-elle de toutes ces dents la petite souris ?
    Personne ne semble avoir remarqué la question mais ça me travaille du coup Guillaume. Je verrais bien une enquête sur l’industrie souterraine de la dent de lait, qui s’apparente quand même, merde, à un trafic d’organes ! Heureusement que le personnage sympatoche de la petite souris est là pour faire passer la pilule.
    Ah ! On me signale que je suis à côté de la plaque… Sorry Shawn Michaels et consorts.

  8. Zdenek dit :

    Et bien, quel plaidoyer. Tout ce que j’ai toujours voulu exprimer quand on m’a regardé avec des yeux ronds comme des seins de divas, sans avoir jamais trouvé les mots pour le faire.

  9. flash dit :

    slt a tous.moi cè flash et on mapel randy junior car cè mon préféré.dites moi lè gars,vs pensez q ya du réel ds le catch?j me sui tjr pozé la question mè san reponse.doné moi votr poin de vu svp.èce une pur fiction ou ya til impeu de serieu ds le catch?jaten vo mutipl reponse sur mon adress fulgence.kagambega@yahoo.fr

    • guillaumebardon dit :

      Salut à toi, Flash alias Randy Junior !

      Déjà, je crois que ce sont les termes dans lesquels tu t’interroges qui posent problème : tu opposes le "sérieux" et la "fiction". Je ne pense pas que la rigolade soit toujours du côté de la fiction, et le sérieux du côté de la réalité. Il suffit de voir un discours de Kadhafi, par exemple, pour constater que la réalité manque parfois terriblement de sérieux, y compris dans les circonstances les plus tragiques.

      Maintenant, il est exact que les scénaristes de la WWE en particulier essaient de coller le plus possible à la réalité, et de n’en modifier que ce qui est strictement nécessaire au développement de l’histoire. C’est ainsi que les identités fictives des catcheurs s’inspirent souvent de traits de personnalités réels (par exemple, CM Punk est vraiment straight edge).

      Pour les blessures, la confusion est volontairement entretenue entre les blessures réelles et celles qui font partie du scénario (sauf dans le cas de John Cena, où on voit tout de suite qu’il n’était pas vraiment blessé, puisqu’il se réveille en général deux minutes après, frais comme un gardon, pour aller botter le cul du méchant). Le cas Edge a montré il n’y a pas longtemps qu’il est possible de se blesser réellement en pratiquant le catch, et que c’est une discipline très exigeante physiquement.

      En fait, ta question est celle du statut de la représentation : bien sûr qu’"il y a du réel dans le catch", puisque le catch, comme tout mode de représentation, a pour élément de base, pour référent, le monde réel. Mais il y a de grandes différences entre utiliser le monde réel, ici pour le représenter, et s’identifier au monde réel. Par exemple, quand Edge fait un discours pour dire qu’il doit arrêter le catch à cause de son état de santé, il dit la vérité, mais la scène n’en est pas moins fictive : elle prétend représenter les adieux d’un compétiteur de haut niveau qui pratique un sport de combat, alors qu’il s’agit en fait des adieux d’un performer qui pratique une forme de spectacle appelée catch.

      Si l’un des grands intérêts, pour moi, des productions de la WWE est de brouiller la limite entre la scène et le public, entre le réel et la fiction, elle le fait néanmoins, me semble-t-il, depuis la fiction, et non depuis le réel. C’est ainsi : si tu verses une goutte de fiction dans un gallon de réel, le mélange obtenu est nécessairement de la fiction, une "pure fiction" comme tu dis, même si elle est en fait très impure.

      Sur ce dernier sujet, je te recommande d’ailleurs (ainsi qu’à tous les fans de catch, et à tout le monde en fait) de voir le merveilleux film de Miguel Gomes, "Ce cher mois d’août", qui montre (et avec quelle force !) que dès qu’il y a représentation il y a récit, donc fiction, et qu’à ce titre le documentaire est lui aussi un genre de fiction, quoique très particulier. A mon avis, il en va de même du catch.

  10. [...] sur les raisons de cette passion (que d’autres ont mieux expliquées que moi, par exemple ici), j’aimerais, en pleine contradiction avec le billet précédent, m’arrêter sur un [...]

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