Articles Tagués ‘fiction’

liste

Sinon on peut faire ça aussi. Mais bon, c'est quand même moins marrant.

[Nota bene : ce post sera sans doute sujet à moult edits, en total mode "Putain, j'ai oublié XXXXX !!!".]

La fin de l’année approche à peu près aussi vite que celle de la décennie, et l’une comme l’autre devraient nous valoir dans la presse des tops 10 à ne plus savoir où les mettre. Dans les pays zanglo-saxons, semblerait-il, on fait plutôt des tops 5 (enfin, je dis ça, je me base surtout sur High Fidelity, parce que dans le fond j’y ai assez peu mis les pieds, moi, dans les pays zanglo-saxons). Par chez nous on fait des tops 10, c’est beaucoup, ce n’est pas trop.

Les tops 10 de fin d’année et de décennie, on y viendra bien assez tôt, et seulement dans l’hypothèse fort improbable où je n’aurais pas la flemme le moment venu. L’idée du présent post est plutôt de pousser les murs et de tenter la synthèse listesque globale de, cette phrase part en couille, j’aime autant l’arrêter là, "synthèse listesque globale" c’est affreux. Voici donc mes all-time top 10, pour chaque forme d’art qui me préoccupe.

On pourrait gloser à l’infini (lâchez vos coms !) sur l’inanité des tops 10. "La culture n’est pas une compétition", on sait. Les mecs qui reçoivent des prix nous expliquent ça chaque année, et ils n’en repartent pas moins avec leur prix. Les tops 10, c’est une forme de TOC pour nerd, se définir par ses goûts évite d’avoir à se définir par autre chose, c’est une armure gna gna gna blabla machin tout ça. OK, admettons.

Reste qu’on aimerait bien savoir pourquoi, alors que la fiction fait partie du monde comme tout le reste (le saucisson, le bois flotté, la qualité de l’air, le matérialisme dialectique ou le Vélib’ par exemple), il faudrait la mettre à part du monde et la considérer comme une planque. Il n’y a qu’un seul monde. On ne se planque pas plus facilement derrière la fiction que derrière un saucisson, et plutôt moins facilement que derrière le matérialisme dialectique (qui, il est vrai, ne manque pas d’épaisseur). Les adeptes de l’execice du top 10, pas si cons, savent que dans 5 minutes ils regretteront d’avoir mis machin à la place de bidule, que la solidité de l’armure est à peu près égale à celle d’une poche standard d’épicerie, que pour éviter que ça craque il faut doubler. Pas radin, pour le coup, je vous en mets 6 pour le prix de zéro. Et hue donc ! (Putain, j’ai oublié Baudelaire !!!)

Films

1. Pierrot le fou (Jean-Luc Godard)

2. 2001 : l’Odyssée de l’espace (Stanley Kubrick)

3. Snake Eyes (Brian De Palma)

4. Monsieur Smith au Sénat (Frank Capra)

5. Mon voisin Totoro (Hayao Miyazaki)

6. Inland Empire (David Lynch)

7. The Host (Bong Joon-ho)

8. L’Homme qui tua Libery Valance (John Ford)

9. Tropical Malady (Apichatpong Weerasethakul)

10. Redacted (Brian De Palma)

Ont failli y être : West Side Story, Honor de cavalleria, Palombella rossa, Les Herbes folles, mais celui-là je l’ai vu hier soir, j’ai pas encore trop de recul.

Disques :

0. I Get Wet (Andrew W.K.)

1. Blonde on Blonde (Bob Dylan)

2. Berlin (Lou Reed)

3. Exile on Main Street (The Rolling Stones)

4. Pet Sounds (The Beach Boys)

5. Different Class (Pulp)

6. Tonight’s the Night (Neil Young)

7. Smile (Brian Wilson)

8. The Beatles (The Beatles)

9. Abbey Road (The Beatles)

10. Astral Weeks (Van Morrison)

Et ça me fait bien chier de n’avoir pu caser ni First Impressions of Earth, ni Raw Power, ni Ramones.

Jeux vidéo :

1. Skies of Arcadia (Rieko Kodama & Shuntaro Tanaka)

2. Metal Gear Solid 2 : Sons of Liberty (Hideo Kojima)

3. Shadow of the Colossus (Fumito Ueda)

4. Grand Theft Auto IV (Rockstar North)

5. Sonic the Hedgehog (Hirokazu Yasuhara, Yuji Naka & Naoto Oshima)

6. Okami (Hideki Kamiya)

7. Shenmue (Yu Suzuki)

8. Tetris (Alexei Pajitnov)

9. Sim City 2000 (Will Wright)

10. Final Fantasy VII (Yohinori Kitase)

Et une pensée émue pour ChuChu Rocket!, complètement oublié aujourd’hui, qui poussait le délire multijoueur très loin et qui aurait fait un magnifique n° 11 si les tops 10 étaient des tops 11.

Livres :

Là j’ai un peu triché. Comme il y a deux essais dans le lot, et qu’on pourrait considérer qu’ils n’ont pas vraiment leur place dans le même classement que le reste, j’ai étendu la liste à 12. Comme ça tout le monde est content.

1. Illusions perdues (Honoré de Balzac)

2. Moby Dick (Herman Melville)

3. A rebours (Joris-Karl Huysmans)

4. Psychotic reactions & autres carburateurs flingués (Lester Bangs)

5. Le Capital (Karl Marx)

6. Fictions (Jorge Luis Borges)

7. Les Liaisons dangereuses (Pierre Choderlos de Laclos)

8. Splendeurs et misères des courtisanes (Honoré de Balzac)

9. Les Jeunes-France (Théophile Gautier)

10. Les Seigneurs de l’instrumentalité (Cordwainer Smith)

11. Hypérion (Dan Simmons)

12. Perceval ou le Conte du Graal (Chrétien de Troyes)

Séries TV :

1. Buffy contre les vampires (Joss Whedon)

2. Suzumiya Haruhi no yuutsu (Tatsuya Ishihara)

3. Cowboy Bebop (Shinichiro Watanabe)

4. Les Soprano (David Chase)

5. Kaamelott (Alexandre Astier)

6. Neon Genesis Evangelion (Hideaki Anno)

7. Paranoia Agent (Satoshi Kon)

8. Columbo (Richard Levinson & William Link)

9. Boogiepop Phantom (Takashi Watanabe)

10. Le Prisonnier (George Markstein & Patrick McGoohan)

Bandes dessinées :

1. Watchmen (Alan Moore & Dave Gibbons)

2. 20th Century Boys (Naoki Urasawa)

3. Donjon (Lewis Trondheim, Joann Sfar & pas mal d’autres gens)

4. GTO (Toru Fujisawa)

5. Les Formidables aventures de Lapinot (Lewis Trondheim)

6. L’Histoire du corbac aux baskets (Fred)

7. Blackjack (Osamu Tezuka)

8. Le Journal d’un ingénu (Emile Bravo)

9. Pyongyang (Guy Delisle)

10. Le Combat ordinaire (Manu Larcenet)

Vous trouvez que tout ça c’est de la merde ? Vous êtes l’auteur d’une de ces œuvres et vous ragez de ne pas être n° 1 ? La fonction "Commentaires" est faite pour vous !

Guillaume Bardon

"Monsieur Barthes, j'en ai encore un qui voudrait savoir quel est l'intérêt du catch, je vous l'envoie ?"

"Monsieur Barthes, j'en ai encore un qui voudrait savoir quel est l'intérêt du catch, je vous l'envoie ?"

Tiens, c’est vrai, j’avais un blog, moi. Salut les lecteurs ! J’espère que ça ne fait pas trop longtemps que vous m’attendez ?

La tendance des gens à classer leur entourage par catégories n’est plus à démontrer. Je ne parle pas ici des catégories de vos contacts MSN, "Amis", "Ennemis", "Travail", "Famille", "Patrie" et compagnie. Je parle des catégories qui permettent à tout un chacun de déterminer les personnes qu’il doit mépriser et celles qu’ils doit envier, l’idée étant généralement de se dire que si on a un ami plus intelligent que nous, on est par contre plus beau, ou plus fort, ou plus quoi que ce soit, que lui. Et pareil dans l’autre sens. Car si l’estime nourrit l’amitié, ce qui est peut-être bien le cas après tout, on ne me fera pas croire qu’il est possible de garder un ami que l’on trouverait en tout points supérieur à soi, sans vouloir le lui faire payer à un moment ou à un autre.

Ainsi vos amis, même les plus proches, si si, je vous jure, demandez-leur si vous ne me croyez pas, enfin ils ne vous diront pas la vérité alors ça sert à rien, vos amis, dis-je, vous placent, en fonction de vos qualités et de vos défauts, dans la catégorie "intellectuel", "sportif", "playboy", etc, et tout pareil au féminin si vous êtes une fille, je vais pas commencer à mettre des "-é-e-s" comme dans un tract du NPA. Alors bien sûr, au bout de longues années d’une amitié sans faille, on peut arriver à un peu plus de complexité dans la connaissance de l’autre, mais nous ne sommes pas à l’ère des amitiés sans faille à longues années, nous sommes à l’ère de Facebook, où les amis servent avant tout à faire du score.

Moi, on me classe souvent dans la catégorie "intellectuel". Allez savoir pourquoi. Peut-être parce que j’aime bien raconter des conneries sur Godard (qui n’est pas un intellectuel, c’est un poète, je vous ferai un article un jour, promis), Balzac (pas un intellectuel non plus, mais quel architecte !) ou ce genre. Et là, voilà-t-y pas qu’en plein dans le fil décousu de la conversation, je lance que j’aime le catch. Terreur dans le camp d’en face. Confusion. Incompréhension. Godard, Balzac, ET le catch ? Eh oui ma chère, et bien d’autres encore, si vous saviez, vous n’en dormiriez pas de la nuit. (Faudra me faire penser à vous faire un article sur Buffy contre les vampires d’ailleurs.)

Pour citer l’édito du magnifique site Les Cahiers du Catch : "Admettre publiquement qu’on se passionne pour le catch équivaut aujourd’hui à un suicide social." Comme divertissement, le catch est proscrit, soit parce qu’il est débile, soit parce qu’il est brutal, soit parce que c’est du chiqué. Ce qui me semblerait plutôt trois bonnes raisons de ne pas regarder Lost, mais bon. Comme forme d’expression… Le catch, une forme d’expression, vous plaisantez ? Mais pas du tout mon bon monsieur.

Le soi-disant intellectuel (je revendique rien moi), blasé, n’a donc plus qu’à murmurer d’une voix lasse son habituel argument : "Roland Barthes", et donner vite-fait à son interlocuteur les références du célèbre (enfin chez les fans de catch) article d’icelui, "Le monde où l’on catche", in "Mythologies", c’est au tout début, pouvez pas le louper, puis il s’en va en toussotant faire une bonne sieste. Le fardeau est ainsi déchargé sur les épaules d’un vrai intellectuel, qui n’en a plus rien à battre puisqu’il est mort, et qui peut se charger de la besogne à grand coups de références à la tragédie grecque. Je vais essayer aujourd’hui d’être moins feignant, et de m’expliquer par moi-même, quoiqu’avec moins de profondeur, certes, que l’illustre penseur du Tour de France et de la Citroën DS. Qu’on me permette une seule citation de lui, qui devrait remettre pas mal de choses à leur place : "Le catch n’est pas un sport, c’est un spectacle."

Voilà qui envie balader d’emblée la question du chiqué. Le catch est écrit à l’avance ? Oh que oui, et c’est tant mieux. Nombre de matches de foot, qui ne sont pas écrits à l’avance, se terminent par un score de zéro à zéro, avec un total de zéro actions spectaculaires de part et d’autre. Le curling, sport aussi élitiste (puisque personne ne le regarde) que le football est populaire, n’est pas écrit à l’avance. Ce sont donc des spectacles honnêtes ? D’un autre côté, Les Soprano, c’est écrit à l’avance. Citizen Kane aussi, et Le Port de l’angoisse également, même si le whisky a fait que personne ne se souvient l’avoir écrit. Hamlet ? Pfff, écrit à l’avance, en plus ils font semblant de tous crever à la fin, c’est même pas vrai. On me souffle que la plupart, si ce n’est l’intégralité, des symphonies de Beethoven étaient écrites à l’avance. Ô les méchants spectacles, qui prennent le public pour une nuée de buses.

La vérité est que, quand ce n’est pas écrit, la plupart du temps, c’est mal écrit. Les effets dramatiques les plus percutants ne se trouvent pas sous le sabot d’un footballeur, et le hasard ne fait pas toujours si bien les choses qu’on le dit. Pour certains, c’est cet aspect "chiqué" qui fait tourner la comparaison entre le free fight (type Ultimate Fighting) et le catch au désavantage de ce dernier. Le free fight, effectivement, vous montre des gens en train de s’envoyer l’un l’autre à l’hôpital, et pour longtemps, et souvent en moins de 5 minutes. Si c’est ce que vous voulez voir, alors là, en effet, le catch n’est pas pour vous. Moi c’est pas trop ma came. (On notera au passage que, du coup, le catch est d’autant moins "brutal" qu’il est "chiqué", les adversaires du catch devraient donc tenter d’être un peu plus cohérents, même dans leur mauvaise foi.)

Et bien sûr, ce sont les mêmes qui regardent Prison Break à longueur de vie, qui vont reprocher au catch d’être écrit. On voit bien que certains s’interdisent d’apprécier le catch faute d’avoir essayé de comprendre ce qu’il est, par obstination à lui reprocher de ne pas bien être ce qu’il n’est pas. "Mais ils veulent faire croire que c’est du sport", nous dit-on. Pas du tout, ils ne veulent faire croire cela à personne (d’ailleurs ça tombe bien, personne n’y croit), sauf aux petits enfants, auxquels on fait bien croire au Père Noël et à la petite souris des dents sans que cela soulève plus de polémique que ça. Et pourtant, on aimerait bien savoir ce qu’elle fiche avec toutes ces dents.

Le catch, donc, utilise la mise en scène du sport pour mettre en place une dramaturgie. Les personnes qui se produisent devant le public prétendent être quelqu’un d’autre, et utilisent leurs corps pour raconter une histoire. C’est donc une forme de théâtre au sens large, comme le cirque. Davantage que le cirque en fait, car la notion de personnage au cirque est essentielle pour les clowns, mais moins pour les trapézistes, alors que le catch ne peut tout simplement pas se concevoir sans cette notion.

L’objectif du catch est d’obtenir, avec essentiellement cet outil basique qu’est le corps humain (un peu plus mastoc que la moyenne quand même chez les catcheurs), la réaction la plus intense possible de la part du public. Un "bon" catcheur n’est pas un catcheur qui gagne, mais un catcheur qui obtient la réaction maximale du public. Si c’est un méchant, il doit se faire huer dans les grandes largeurs. Si c’est un gentil, son public doit l’acclamer, voire l’imiter. Le seul mauvais catcheur est celui qui laisse le public de marbre.

On m’objectera que très bien, que d’accord, mais ça reste des mecs qui se tapent sur la gueule, ce qui n’est pas très intéressant d’un point de vue dramaturgique. D’abord ce n’est pas tout à fait exact. Les combats sont entourés de saynètes, d’interventions des catcheurs micro en main, qui leurs donnent un contexte. Des histoires conçues ainsi peuvent se dérouler, parfois sur plusieurs mois. Mais il est exact que c’est le combat qui est au centre du catch, et c’est justement là qu’est le défi : raconter une histoire par la combinaison de tous les gestes (après tout pas en nombre infini) qui peuvent figurer un affrontement. Il s’agit ici d’en revenir à l’épure du drama. Quel est le ressort central de toute histoire ? La lutte entre deux volontés contradictoires. Montrez-moi une histoire sans adversité, je vous répondrai que haha, Totoro, vous avez cru m’avoir, mais même dans Totoro il y a la maladie de la mère, qui est en quelque sorte le méchant. Or, quelle est la forme qui permet de représenter de la façon la plus pure, la plus originelle, cette lutte ? Le combat physique. Les sceptiques peuvent aller à la bibliothèque consulter de l’épopée, du roman de chevalerie, de la saga islandaise ou même du Star Wars, il verront bien que je ne fiche pas de leur gueule.

Le catch, c’est ce qui reste quand on dépouille le récit de tout le superflu, et qu’on essaie de lui garder toute sa force dramatique à travers le seul acte du combat physique. C’est la forme de récit la plus pure que les siècles nous aient donnée. L’exploit n’est pas mince, je l’ai dit, de pouvoir figurer à peu près toutes les situations en jeu dans n’importe quelle histoire à travers une simple combinaison de gestes de deux corps. Aussi les catcheurs, dont on se moque souvent pour leurs faibles talents d’acteur micro en main (encore qu’il y en a de bons, mais pas tous, c’est vrai), sont-ils en réalité des hommes de spectacle d’une envergure tout-à-fait inconnue en-dehors de leur "sport", car il leur faut être à la fois des comédiens, des mimes, des acrobates, des culturistes, des gymnastes, voire pour certains des clowns. Beaucoup de gens passent leur vie à tenter de maîtriser une seule de ces disciplines. Un catcheur comme Shawn Michaels, par exemple, possède une telle capacité à exprimer toutes les émotions (de manière excessive bien sûr, comme il sied dans une discipline où la lisibilité maximale est recherchée), et à passer de l’une à l’autre en un clin d’oeil, qu’il aurait certainement été il y a un siècle un des plus grands acteurs du cinéma muet. Il est vrai que les catcheurs, contrairement à certains comédiens (de cinéma surtout), savent s’exprimer avec tout leur corps, tenant le visage pour une simple partie d’un ensemble.

Les règles, elles aussi fictives, de ce sport fictif, servent  également à nourrir la dramaturgie, et la plupart d’entre elles seraient tout bonnement absurdes dans un sport réel. Ainsi, dans un combat pour une ceinture de championnat, si le champion se fait disqualifier, il perd le match mais… garde son titre de champion. Il n’en faut pas davantage pour donner du sens dramatique à des gestes. Le champion reste en-dehors du ring, pendant que l’arbitre compte, sachant que quand il sera arrivé à 10 le champion sera disqualifié ? Cela suffit à signifier : "Le champion est un lâche, il a peur de perdre son titre contre le challenger, il préfère donc se faire disqualifier volontairement." A charge pour le challenger d’aller le chercher et de le ramener sur le ring. Mais un ami du champion, présent au bord du ring, détourne l’attention de l’arbitre ! Le champion en profite pour asséner un coup de chaise au challenger quand celui-ci descend du ring, alors qu’il est interdit d’utiliser des objets dans ce match ! Tout bénef pour le champion : soit l’arbitre ne l’a pas vu, et il a pris l’avantage par des moyens illégitimes, soit l’arbitre l’a vu, et il est alors disqualifié, ce qui était son objectif de toute façon puisque cela lui permet de garder son titre. Pas un mot n’a été échangé, mais un personnage de lâche perfide et opportuniste a été construit en quelques gestes, et si le champion a bien joué son rôle, la peur face à son adversaire puis la cruauté au moment du coup de chaise, le public, qui joue le jeu car il est venu pour ça, doit être debout en train de le huer à pleins poumons.

Reste que le catch, et là je suis d’accord, peut être d’un accès difficile pour le spectateur néophyte, ce qui est dommage pour une discipline où tous les éléments de l’univers fictionnel sont établis en vue d’une efficacité dramatique immédiate et maximale. Il faut apprendre à connaître les différents personnages, assimiler les règles, ça ne va pas tout seul. Avec un pote plus éclairé en la matière pour répondre aux questions, ça va mieux. Puis après tout, quand on lit Guerre et Paix, faut s’accrocher aussi. On me permettra de trouver le catch plus gratifiant que Guerre et Paix.

Guillaume Bardon